A grippe... Moi ? (2/2)

Au sujet de la grippe dite « A » ou « H1N1 », que l’on peut avantageusement prononcer « hacheu-NEUNEU », en la circonstance.

 

J’ai déjà approché ce thème en septembre. Je ne comptais pas poursuivre, tant me répugne l’idée de sauter sur la mode médiatique, sauf pour en proposer un éclairage différent.

Je le fais pourtant aujourd’hui. Ma motivation réside moins dans le succès de ma précédente lettre (+ 40 % de lecteurs, merci !), que dans mon exaspération devant le traitement de ce sujet par la société dans laquelle nous vivons. Politiciens, médias et lobby pharmaceutique en tête.

Une fois n’est pas coutume, voici donc une lettre « coup de gueule ».

 

Comme je l’ai publié en septembre, tout le monde ou presque connaît aujourd’hui les soupçons que traîne le vaccin dont la campagne de propagande vient de débuter.

Je ne reprendrai pas les arguments déjà détaillés dans cette lettre ; je vous invite à vous y reporter, ainsi qu’au dialogue consécutif avec des lecteurs.

 

En publiant ce billet il y a plus d’un mois, j’avais anticipé un certain nombre de suites :

1. Je m’attendais à recevoir des réponses enflammées de la part de nombreuses personnes.

2. A un niveau plus général, je pensais avec accablement qu’une majorité de Français seraient dupes des gesticulations politico-économiques et se précipiteraient sur ledit vaccin.

3. J’imaginais que sous la masse des informations, le gouvernement reconnaîtrait son erreur et reculerait.

 

Tout faux, sur toute la ligne.

1. A une exception près, je n’ai recueilli que des encouragements sur mon action.

2. Les Français ne semblent pas enclins à se faire piquer.

3. Malgré un tollé des scientifiques et médecins indépendants d’esprit (j’entends par là vierges de tout conflit d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique), le gouvernement amplifie ses gesticulations sur le sujet.

 

Là résident mon coup de gueule mais aussi mes sources d’espoir (on ne se refait pas !).

 

Je ne suis pas paranoïaque, et ne crois pas une seconde à la théorie du complot mondial défendu par Mme Bürgermeister, qui s’est fait un formidable coup de pub en portant plainte contre plusieurs dirigeants, les accusant tout bonnement de vouloir supprimer de la planète plusieurs milliards d’habitants (dont la totalité du peuple américain, à l’initiative de Barak Obama !). Ayant plus d’un tour dans son sac, cette brave journaliste en quête de reconnaissance avait déjà annoncé que Michaël Jackson avait été assassiné par la CIA (couchait-il avec Marilyn Monroe ?).

De même, je crois suffisamment en l’être humain pour refuser l’hypothèse selon laquelle un virus aurait été lancé sciemment par des laboratoires pharmaceutiques et / ou par le gouvernement français (sous prétexte qu’il soutiendrait des usines pharmaceutiques françaises fraîchement installées au Mexique).

 

En revanche, je crois parfaitement plausible le scénario suivant.

 

Acte 1 : Début des années 2000. En perte de vitesse (ou plus précisément en chute de profits) depuis plusieurs années, les laboratoires sont en quête de nouveaux débouchés. L’innovation se réduisant sans cesse, ils entrent dans une nouvelle logique d’investissement massif sur le marketing. Or, quel est le rôle des marketeurs ? De créer un besoin chez les consommateurs. Je ne me positionne pas ici dans l’éternel débat qui oppose les marketeurs au reste du monde, affirmant qu’ils ne les suscitent pas et au contraire, satisfont à des besoins préexistants qu’ils ne font que mettre en lumière. Je comprends leur motivation à se déresponsabiliser ainsi mais peu importe en l’occurrence, car le résultat est le même.

Un traitement est symptomatique de ce phénomène : le Tamiflu, des laboratoires Roche, dont nous allons suivre la vie. Sa consommation se porte au plus mal à ce moment, d’ailleurs son retrait du marché est envisagé.

Parallèlement, plusieurs laboratoires annoncent qu’ils comptent réorienter leur stratégie au profit de la production de vaccins.

 

Acte 2 : Arrive une bénédiction, la grippe aviaire. La consommation de Tamiflu s’envole, malgré les réserves qu’il suscite tant sur son efficacité que sur ses effets secondaires. Du pain béni pour son fabricant, qui engrange les milliards. Ses usines tournent à plein régime.

Avec le recul, le lobbying et l’opération médiatique de traitement de la grippe aviaire me semblent résonner comme une répétition de ce que nous subirons plus tard avec la grippe A.

 

Acte 3 : La paranoïa autour de la grippe aviaire retombe, la consommation de Tamiflu également. Attendons encore un peu que les consommateurs oublient….

 

Acte 4 : Un autre virus réel apparaît : H1N1. Un virus de la grippe. Un de plus. Presque inoffensif (à traiter avec repos et paracétamol), nettement moins virulent que la grippe saisonnière. Mais celui-ci est nouveau, on va pouvoir déclencher un plan spécifique d’affolement de la population…

Tout d’abord il faut lui donner un petit nom : ce sera grippe porcine. Pas mal, ça fait penser à la grippe aviaire : on réactive un ancrage de peur ! « Arrêtez, la consommation de notre viande va chuter, comme celle de la volaille après la grippe aviaire », s’effraient à juste titre les éleveurs de porcs.

Bon d’accord on retire, ce sera la grippe mexicaine. Excellent, ça rappelle la grippe espagnole : des millions de morts au début du XXè siècle ! « ca va pas la tête, vous avez pensé au tourisme dans notre pays ? » s’inquiète le gouvernement mexicain. « Non désolés, on n’y avait pas pensé ! ». Eh bien… On va tout simplement l’appeler H1N1, voilà tout ! 

 

Acte 5 : Des influenceurs professionnels vont convaincre les gouvernements de commander en masse Tamiflu et vaccins, ce qui génèrera naturellement la campagne d’information (ou de désinformation ?) et de panique qui tournera en boucle. Quels sont les pays qui commanderont le plus de produits ? Ceux dont l’industrie pharmaceutique représente un fleuron national. Comme par hasard.

Notre laboratoire fétiche est une seconde fois sauvé des eaux : les ventes de Tamiflu explosent à nouveau au point que sa production suit difficilement, les actionnaires de Roche se frottent les mains, prêts à empocher des milliards… Alors que le traitement est encore plus critiqué qu’à l’époque de la grippe aviaire. Mais qu’importe.

 

Personnellement, j’imagine que les gouvernements se sont littéralement fait berner, incapables qu’ils sont de démêler le vrai du faux (ou tout au moins de l’exagération), de prendre de la distance quant à leurs propres peurs devant la judiciarisation de la société et les mauvais souvenirs de l’été 2003 (les fameux 5000 morts de la canicule), de faire la différence entre principe de précaution et gesticulations. Ruineuses gesticulations !

Je pense qu’ils ont davantage fait preuve d’incompétence et de crise de panique aigüe que de manipulation volontaire.

 

Peut-être vous dites-vous que j’exagère : les laboratoires pharmaceutiques sont-ils si puissants ?

La réponse est bien au-delà, et j’ai eu l’occasion de le constater il y a quelques années. Atterré par les comportements d’une firme ayant mis sur le marché un traitement nonobstant ses effets secondaires incluant d’importants risques cardiaques, j’en ai fait l’intrigue de mon roman « Et si j’y croyais ? ». Les faits qui y sont cités sont véridiques, en particulier la terrible collusion qui existe trop souvent entre les laboratoires et les organismes qui doivent accréditer tout nouveau traitement d’une part, et certains médecins experts ou prescripteurs. Au point que certaines analyses ont été falsifiées par le passé. Comme dans le film « le fugitif », mais là, c’est la vraie vie… Les conflits d’intérêt sont omniprésents dans ce monde.

Ce que j’ignorais, c’est que la même confusion règne entre le monde médical et l’OMS, comme l’a montré l’excellent documentaire diffusé ce mardi 20/10/09 au soir, sur arte. Il semble qu’on ne puisse plus comprendre qui influencé qui dans ce monde, tant les intérêts y sont intriqués.

 

Acte 6 : les commandes des gouvernements sont parties vers les fabricants de vaccins. Pour plus d’un milliard d’euros en ce qui concerne la France, alors que de toutes parts arrivent doute et scepticisme : la grippe ne serait pas si méchante, traitement et vaccins seraient inefficaces voire nuisibles.

Pourtant, il faudra bien que les consommateurs se fassent vacciner, puisque les piquouzes arriveront inexorablement ! De mon point de vue, c’est ici que le gouvernement devient le complice tacite des laboratoires.

 

Est alors activé le joker du spectre économique : d’accord, la grippe A ne sera pas si grave au final, mais elle va tellement immobiliser les travailleurs que cela conduira à un recul de la reprise économique d’au moins un an ! Ben voyons…

Puis la culture et le lien social : on prévoit d’annuler à partir de septembre tout rassemblement un peu important. Concerts classiques, séminaires professionnels, peut-être même les sacro-saints matchs de foot ! Carrément…

Enfin, cerise sur le gâteau : l’école et les mesures totalement saugrenues de leur fermeture à partir de trois malades… Effrayant là aussi : et l’éducation de nos chères têtes blondes ? Et, peut-être pire, comment les faire garder pendant que papa et maman seront au travail ?

Conclusion : si vous ne vous faites pas vacciner pour vous, vous devez le faire pour les autres. Sinon vous êtes le dernier des égoïstes. CQFD.

 

Tout cela aurait dû fonctionner, normalement.

Manque de chance, il y a désormais Internet, première source de satisfaction personnelle que je voulais souligner. Je connais les vices de ce nouveau mode de communication, tout n’y est pas parfait, loin s’en faut.

Mais force est de reconnaître que tout un chacun a maintenant le moyen d’être informé rapidement, à vrai dire à la vitesse de la lumière. Certes il y circule des aberrations et nous devons faire le tri, mais on ne nous gouvernera plus comme avant.

 

D’où l’acte 7 : Une ministre de la santé en France (docteur en pharmacie, sans doute encore marquée par son long passé dans cette industrie comme visiteuse ainsi qu’un poste de « chargée de relations publiques », ce qui je le suppose laisse des traces dans un carnet d’adresses), qui ne sait plus que faire si ce n’est gesticuler maladroitement dans les médias. J’ai l’impression que la pauvre ne croit même pas à ce qu’elle dit, d’où un « conseil d’ami » à son adresse : « dites ce que vous pensez vraiment, ou apprenez à mentir ! ».

 

Quel est l’acte 8 ? Si seulement le gouvernement reconnaissait ses erreurs ! (en ce qui concerne les laboratoires je n’ose y croire : n’en demandons pas trop, l’appât de tels gains dépasse certainement la capacité humaine à demeurer honnête…)

« Errare humanum est, perseverare diabolicum » ! (l’erreur est humaine, persévérer est diabolique)

 

Acte 9 (à venir ?) : Quid d’une vraie épidémie, une vraie, une grave, dans quelque temps ? Qui croirait encore aux annonces et avertissements ? « Rappelle-toi de l’histoire de Pierre et le loup », dirait ma mère.

 

J’ose espérer que cet épisode dénote également d’une maturité citoyenne grandissante : peut-être ne sommes-nous plus d’accord pour accepter de croire que notre système de santé est efficace. Peut-être même commençons-nous à être mûrs pour penser que Santé (vous noterez la majuscule !) devrait être synonyme de prévention, être en possession de ses ressources optimales, et non disposer de traitements de combat massifs pour abattre des mouches avec des bazookas.

Alors allons-y franchement : intéressez-vous au sport, à une saine alimentation, à une hygiène psychologique, à l’hypnose, aux bienfaits de la médecine chinoise, à l’homéopathie, à la méditation ou à la prière, selon les goûts… Et aussi, bien sûr, à ce que notre médecine occidentale propose de meilleur (et cela ne manque pas !), mais pas à ce qu’elle crée pour servir ses propres intérêts financiers.

En un mot, cela s’appelle bon sens et médecine intégrative, c'est-à-dire le meilleur de toutes les approches.

 

Puissiez-vous avancer dans cette voie, il n’y aurait pas mieux pour vous, vos proches, votre pays, la planète.

 

 

NB1 : vous aurez pu remarquer que j’ai systématiquement utilisé le terme de « consommateur », plutôt que « citoyens », « personnes », « gens » ou autres. C’est volontaire.

 

NB2 : j’attends toujours le fameux pic épidémique qu’on nous avait prévu pour la mi-octobre ! 

 

Le pouvoir démesuré de l’industrie pharmaceutique et les conflits d’intérêts qu’elle présente servent d’intrigue à mon roman « Et si j’y croyais ? », sorti en octobre 2008… Bien avant l’épisode de la grippe A, mais après de nombreux scandales dont celui du Vioxx par exemple…

Aymeric le Frennec est contraint de fuir vers l’Italie et ce faisant, effectuera un voyage initiatique qui le conduira à devenir qui il est vraiment.

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Lettre 2009 10 - A grippe _2_.pdf
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Commentaires : 3
  • #1

    Marie-Claire Bonin (vendredi, 23 octobre 2009 15:40)

    La peur est un bon moyen de persuasion chez certains "consommateurs" et si cela ne marchait pas et bien nos chers hommes politiques trouveraient un autre moyen.Mais ce qui est nouveau (merci les médias) c'est que nous sommes informés du refus de certains médecins à "coopérer" et qu'ils le disent ouvertement. Il n'y a pas si longtemps "ON" (labos, scientifiques et gouvernement) les auraient "forcés" à se taire. Donc je pense, Fabien,qu' il y a des lueurs d'espoir dans cette mascarade................et que suivant vos bons conseils !! JE PENSE POSITIF

  • #2

    Fabienne Sanchini-Avila (mardi, 27 octobre 2009)

    Habitant la suisse, j'ai appris qu'il n'y a pas plus manipulatrice que l'industrie pharmaceutique qui c'est toujours prise pour une déesse vivante. Vient ensuite l'industrie chimique et agroalimentaire, mais c'est une autre histoire, quoique... Allons voir qui sont les plus gros actionnaires de ces industries et l'on comprendra d'où vient la farce. Ce sont toujours les mêmes qui récoltent les fruits. A vrai dire, rien ne m'étonne. Si l'être humain est capable du meilleur, il est aussi capable du pire. Alors pour parler de cette fameuse grippe qui se fait attendre, perso je n'y ai jamais cru. Le problème c'est qu'en suisse les profs, familles et personnes âgées se font vaccinés ou ont achetés du Tamiflu au cas ou. Ou quoi!!!, une pandémie grippale imaginaire pour un produit miracle qui lui est bien palpable financièrement? Il semblerait...je visualise là une nouvelle version du malade imaginaire. Dans ce business et bien d'autres, l'honnêteté n'est pas de leur monde et pour le commun des mortels, tout cela dépasse l'entendement. Il y a trop d'enjeux. Ce coup de gueule Fabien est plus qu'utile et nous devrions tous être dans la rue pour leur demander d'arrêter de manipuler le consommateur, et bien d'autres choses encore. Je crois en l'être humain avant toute chose et je suis certaine qu'un changement est en route pour le bien de l'humanité en général.

  • #3

    Fabien Rodhain (jeudi, 29 octobre 2009 18:29)

    Quelques compléments éloquents :

    http://www.leparisien.fr/societe/quand-les-labos-financent-les-experts-de-la-grippe-a-29-10-2009-691697.php

    http://www.lemonde.fr/tele-zapping/video/2009/10/29/grippe-a-les-laboratoires-en-accusation_1260416_811987.html

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