Qu'est-ce qu'elle m'a énervé !

Ou comment gérer ses émotions négatives…

 

Désir, plaisir, dégoût, haine, tristesse, fierté… Les émotions ont une importance capitale dans notre vie, que nous en soyons conscients ou non. Lorsque nous nous sentons mal à l’aise, si nous cherchons nous trouvons une émotion négative présente en nous. Et lorsque nous nous sentons bien, là aussi existe… une émotion positive.

Il est clair que je m’intéresse ici à la maîtrise des premières, considérant que les émotions positives sont très bien ainsi.

 

Souvent, à l’image du titre de cette lettre, nous pensons qu’existe un lien direct entre l’évènement extérieur et notre émotion. « Cela m’a rendue triste », « Il va me provoquer un ulcère » ou « elle m’a brisé le cœur »… (trop fort !) .

Et pourtant…

 

Epictète, déjà, disait « Ce n’est pas ce qui se passe dans le monde qui nous dérange, c’est l’opinion qu’on en a ». Tiens tiens, ça ne vous rappelle rien ? …  L’opinion qu’on en a… Ne serait-ce pas là un synonyme de la « croyance » ou « schéma cognitif » abordé dans ma lettre de mars ?

 

Si vous entendez à la radio qu’un attentat a fait 150 morts au Bengladesh, vous aurez certainement de la compassion pour les êtres humains concernés.  Mais si un attentat fait 3 morts dans la ville la plus proche de vous, vous ressentirez probablement d’autres choses en plus.

Excusez la violence de l’exemple, mais il image particulièrement bien mon propos. J’ai un jour parlé avec un journaliste qui m’a expliqué que les médias appelaient ce phénomène « la théorie du mort au kilomètre ». Cynique.

En effet, que se passe-t-il pour que nous nous sentions particulièrement affectés ? Nous avons des pensées du genre « c’est tout près de chez nous ! », « ça aurait pu être moi, ou ma sœur, ou mes enfants… » ou « dire que je suis censé prendre le train dans cette ville la semaine prochaine », etc… 

 

Aucun évènement ne peut directement provoquer une émotion en nous, la véritable équation est :

Evènement + Croyance(s) à Emotion(s)

 

Un exemple plus léger ? Christine, manager familial dans la vie (profession plus communément appelée « femme au foyer »), accueille le soir David son conjoint, avec une phrase synthétisant son émotion de toute une journée : « ça me fait mal que tu me traites comme une bonniche ». Après enquête approfondie, il s’avère que David a laissé une fois de plus traîner ses chaussettes de la veille devant la porte… Ce que Christine ne supporte pas. Une bonne partie de la journée, elle a trouvé d’autres exemples et ressassé des pensées du genre « il ne me respecte pas parce que je ne gagne pas d’argent, il se fiche totalement de ce que je ressens » …   

A son tour chargé d’émotion, David se sent agressé et contre-attaque : « tu crois vraiment que j’ai des journées faciles ? Pour qui crois-tu que je fais tout ça ? ». Vous imaginez la suite.

 

Pourquoi ce sujet dans une « lettre positive » ? Parce que sa maîtrise permet de nous éloigner du fatalisme. En reprenant la main sur nos émotions négatives, nous influençons positivement nos humeurs, donc aussi notre santé, notre rapport aux autres… Sans compter que nous évoluons sur le plan personnel…

 

Je vous propose deux outils pragmatiques au sujet des émotions négatives.

 

Vous êtes gêné par une émotion négative ? Il y a une ou des croyances cachées derrière. Fatalement. (pour la définition des croyances, je vous renvoie à ma lettre de mars : « je vois ce que je crois ! »).

Comment diminuer voire faire disparaître l’émotion ? En vous rapprochant des faits, par exemple grâce aux « 3 tamis de Platon » : « ce que je crois est-il absolument vrai ? » Si la réponse est non : « m’est-il utile de le penser ? » Si la réponse est non : « m’est-il agréable de le penser ? ». Après cet exercice, la croyance en question sera certainement au moins « ramollie » et l’émotion diminuée, voire anéantie.  

 

Vous voulez vous affirmer avec douceur et efficacité ? Parlez de ce que vous ressentez, sans la moindre accusation !

Dans l’exemple de Christine et David, au lieu de « ça me fait mal que tu me traites comme une bonniche », le dialogue pourrait être : « ce matin comme quatre fois cette semaine, j’ai trouvé tes chaussettes devant la porte » (des faits, non discutables).  

Puis « j’ai été triste, car je me suis dit que…» (j’exprime mon cheminement et mon émotion plutôt qu’une critique, l’autre peut difficilement se sentir agressé…)

Enfin « je te propose de faire un effort sur ce point, puisque tu sais maintenant que c’est important pour moi (proposition de sortie, d’amélioration).

Imparable, non ?

 

Comme souvent, ce sont des idées simples qui fonctionnent vraiment…

Et si vous pensez que ce sujet ne concerne que la vie privée, détrompez-vous : l’affirmation de soi est quasiment le sujet d’amélioration le plus demandé aujourd’hui par les collaborateurs, dans les entreprises…

 

Et puis… que diriez-vous, à partir de cet éclairage, de revisiter nos émotions négatives liées à la fameuse crise actuelle ?

 

« Lorsque nous avons atteint un état de liberté intérieure à l’égard de nos émotions, cela ne signifie pas que nous soyons apathique et insensible, ni que l’existence perde ses couleurs pour autant.

Simplement, au lieu d’être constamment le jouet de nos pensées négatives, de nos humeurs et de notre tempérament, nous en sommes devenus maîtres »

Matthieu Ricard

 

 

Ce sujet est abordé dans mon roman « Et si j’y croyais ? »

 

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Lettre 2009 04 - les émotions.pdf
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Commentaires : 10
  • #1

    la fourmi (vendredi, 24 avril 2009 22:31)

    Pourquoi un homme qui écoute vos conseils et dit suivre le concept de la pensée positive n'arrive-t-il pas à cesser de culpabiliser face à l'Amour en se considérant comme insensible et incapable d'aimer ? Comment expliquer qu'il n'arrive pas à se débarrasser de ses émotions négatives malgré son chemin dans le développement personnel ?

  • #2

    Habib Mehiri (samedi, 25 avril 2009 00:54)

    Je crois avoir manqué votre lettre du mois de mars, auriez-vous l'obligeance de bien vouloir me la faire parvenir.
    D'avance merci

  • #3

    Bidan Catherine (samedi, 25 avril 2009 08:13)

    Bonjour Fabien,
    Merci pour cette lettre positive. Elle fait du bien. Rien qu'en voyant le titre arriver dans ma boite mail, j'ai le visage qui s'ouvre car j'en ai besoin de positif, et j'en redemande encore bien sûr. Pourquoi à côté du journal télévisé un journaliste n'a pas encore évoqué la possibilité de faire "le journal positif de 20h" car forcément dans notre France et dans notre monde il y a toujours du positif non ? il y a des trésors dont on ne parle jamais...... je rêve de cela.
    Merci Fabien.
    Catherine

  • #4

    Claire SADDY (samedi, 25 avril 2009 11:07)

    Merci Fabien de partager avec nous tes pensées et ton bon sens !
    C'est toujours avec un grand plaisir que je lis tes lignes positives ... et que je les mets en pratique !
    Bien à toi.

    Claire

  • #5

    Agnès Grataloup (samedi, 25 avril 2009 19:56)

    Bonjour Fabien. Bravo pour ton roman "Et si j'y croyais" qui au travers d'une histoire captivante décrit tous ces concepts de pensée positive, aborde des sujets comme l'hypnose, le coaching... et surtout montre comment tout un chacun peut changer son comportement et sa perception du monde. Je l'ai dévoré et j'espère que tu en écriras bientôt un second!.
    Bien à toi.
    Agnès

  • #6

    Patricia (mardi, 28 avril 2009 17:11)

    Merci Fabien de partager tout cela avec nous.
    La fourmi, ce surnom me fait penser que tu es dans le "faire" au lieu de vivre dans l'"être"... est-ce que je me trompe?
    En tout cas, je t'encourage à continuer ton chemin dans la recherche de qui tu es afin de découvrir l'être merveilleux qui se cache là tout au fond de toi, cet être qui se donne le droit d'aimer et d'être aimé.
    La guérison des blessures profondes liées à l'Amour ne se fait pas en un claquement de doigts, c'est un long chemin qui mène chaque jour un peu plus vers l'espoir et la positivité!
    Courage et plein d'énergie et de lumière sur ta route!
    Amitiés

  • #7

    Fabien Rodhain (lundi, 04 mai 2009 16:58)

    Pour Habib...
    La lettre de mars est disponible sur le site. Et je veux bien vous l'envoyer mais... Vous ne m'avez pas laissé votre adresse mail ! Si vous me la donnez, je vous abonnerai...
    Fabien Rodhain.

  • #8

    Béatrice (vendredi, 15 mai 2009 00:20)

    Je découvre ton site et ses petites pépites offertes. Merciii ! je m'interroge encore, à la lecture de cette lettre, sur le moyen de parvenir à maintenir en soi l'éveil et l'écoute de cette voix qui transforme la pensée négative en une pensée positive... Pourquoi est-ce si difficile de lutter pour son bien être ?

    Au plaisir de lire tes futurs lettres.

  • #9

    C2 (samedi, 30 janvier 2010 19:39)

    A mon sens, les émotions négatives, qui ont tendance à nous faire perdre le contrôle de nos pensées, de nos paroles et de nos actes, ne doivent surtout pas être étouffées: accumulées, refoulées et niées, les émotions négatives risquent de nous transformer en cocotte-minute qui, à terme, explosera avec fracas (ou déclenchera une somatisation plus ou moins grave).
    Au contraire, verbaliser l'émotion basique dès sa survenue (tristesse, colère, peur...) peut désamorcer la situation responsable et ses effets.
    Par ailleurs, l'émotion est une énergie, elle est générée par des causes profondes (souvent une résonnance avec de vieux traumatismes..., on peut travailler à tête reposée sur les causes en amont) et doit être prise en compte. Cette énergie doit sortir.
    Mais, si une pulsion de colère (par exemple) monte en moi (comme une lame de fond) et que je la laisse s'exprimer, j'ai alors le devoir de faire le moins de dégât possible (responsabilité personnelle). Je peux fort bien, avec un peu d'entraînement, dévier cette énergie de colère en une séance forcenée de ménage ou de sport... On maîtrise au moins la façon dont l'émotion négative est posée dans le monde.

  • #10

    Ghanou (vendredi, 01 mars 2013 23:24)

    A lire

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