Ecoutez d'où mon espoir vient... (2)

En janvier, je vous proposais le premier volet de cette réflexion. En substance, elle suggérait une autre vision de la fameuse « crise » que nous traversons tous, actuellement. Et se clôturait avec le postulat qu’une urgence se fait jour : le besoin de remplacer le « plus » par le « mieux », dans nos sociétés occidentales d’homo consomus.

 

Je vais ici continuer à creuser ce sillon sur la route de l’espoir qui m’anime.

Peut-être, êtes-vous lassés d’entendre que « dans toute crise il y a des opportunités » ou ce genre de propos, qui peuvent paraître un peu simplistes.

Rassurez-vous, mon intention n’est pas de vous emmener là… mais beaucoup plus loin !

 

Pour commencer, je vous propose une petite réflexion qui prend racine dans la sagesse chinoise.  

L’idéogramme du mot « crise » est composé des termes wei (danger) et ji (moment décisif)

 

De plus François Jullien, sinologue et professeur à Paris 7, nous donne l’éclairage suivant :

 

« Dans la pensée chinoise, est sage celui qui sait percevoir sous les à-coups les plus violents cette cohérence inédite par laquelle le cours des choses se renouvelle. Il peut ainsi ne pas se laisser happer par ce qui constituera le sensationnel de l'événement. Il sait percevoir l'évolution imperceptible qui a préparé la crise. Il est capable de détecter les signes précurseurs de la nouvelle donne à venir et comprend la cohérence dans son renouvellement. Est sage celui pour qui la réalité n'est jamais tragique. Pour un sage, la crise n'existe pas. »

 

« A coups les plus violents », « Le sensationnel de l’événement » : nous le connaissons bien pour le traverser actuellement, et nous en faire rebattre les oreilles en permanence par les médias et autres marchands de mauvaises nouvelles. Pas vraiment des « sages » mais c’est leur fonds de commerce. De notre côté, nous laissons-nous « happer » par ce sensationnel ou faisons-nous preuve de la hauteur prônée ci-dessus ?

Nous le pourrions car intuitivement ou scientifiquement, bon nombre d’êtres humains sentent depuis un certain temps « l’évolution imperceptible qui a préparé la crise », quoique l’adjectif « imperceptible » me semble clairement superflu face au constat d’un monde qui marche sur la tête… Le monde moderne a dérivé jusqu’à engendrer ce que nous connaissons, et provoquer les évènements actuels ; pouvons-nous seulement en être surpris ?

 

Pas très gai tout cela, me direz-vous… Pour une « lettre positive » ! J’y viens.

Cette philosophie nous propose de considérer qu’il y a une « cohérence inédite », que « le cours des choses se renouvelle », qu’il y a une « nouvelle donne à venir ».

 

Cette pensée ancestrale ne rejoint-elle pas nos préoccupations ? Quand bien même nous pourrions retrouver l’état d’avant « la crise », le souhaiteriez-vous ? Personnellement, ce n’est pas mon cas.

Nous savons que le monde économique que nous avons connu n’est pas viable. Nous savons tous maintenant que la terre que nous allons transmettre à nos enfants ne le sera pas plus, si nous continuons ainsi. Nous avons commencé à manifester un intérêt pour ce point, à travers une conscience écologique toujours plus marquée dans les pays occidentaux. Comment pourrions-nous regretter la mort de ce monde-là, celui qui est né dans l’après-guerre et a réussi à nous faire accepter que l’indicateur important de la richesse d’un pays puisse être son indice de « croissance », érigeant le « toujours plus de consommation » en seul dessein national ?

 

Je rêve que le PIB soit remplacé par un « taux de bien-être national », « bonheur national brut » ou quelque chose de similaire… Je rêve que les objectifs de croissance annuels s’expriment à l’aune de cet indicateur. Se donner comme priorité d’améliorer le bien-être plutôt que la consommation, est-ce tant demander ?

Pourquoi la consommation, et donc la possession, devrait-elle continuer à être érigée en religion unique par les pays modernes ? Le sujet des revendications va-t-il éternellement demeurer le fameux « pouvoir d’achat », horrible superposition de termes qui non seulement établit le pouvoir de consommer (et donc de nuire) comme une fin en soi, mais de plus lui confère une notion de puissance totalement vide de sens ?

 

Ce matin même, vendredi 13 février, j’ai entendu un économiste dire que « ça y est, nous pouvons prendre l’ampleur de la catastrophe économique : le gouvernement lui-même annonce que la France sera en 2009 en récession d’au moins 1 %, du jamais vu depuis 1974 et le choc pétrolier ! ».

Ceci m’amène deux commentaires. Le premier : on n’en est pas mort, du fameux choc pétrolier de 1974 ! Le deuxième : tout ce catastrophisme pour une baisse de la production de 1 % ? De deux choses l’une : soit il y a une énorme exagération pour des raisons qui m’échappent, soit la situation est effectivement très grave. Je résume ce second cas de figure : il serait donc dramatique qu’on produise un petit peu moins.

J’insiste : pour moi comme mathématiquement, 1 % c’est « un petit peu ». Prenez du recul, s’il vous plait. Trouvez-vous cela normal ? Trouvez-vous un seul exemple dans la vie, où une baisse de 1 % serait catastrophique ? Personnellement, aucun ne me vient à l’esprit et c’est normal : la vie est faite de variations, de collines et de vallées, de hauts et de bas. Tout le monde sait cela.

Mais le monde moderne s’est manifestement construit sur ce mensonge que « toujours plus » serait possible et même indispensable, toutes sensibilités politiques confondues. Quelle folie, quel crime ! Déjà en son temps, Henry David THOREAU (1817 – 1862) disait : « Un homme est riche en proportion du nombre de choses qu’il a les moyens d’abandonner ». Si nous appliquons ce raisonnement aux pays riches, Dieu qu’ils sont pauvres !

 

Il y avait autrefois de grands objectifs nationaux : se relever d’une épidémie, reconstruire après une guerre (donc tous les trente ans maximum), nourrir tous ses concitoyens…

Nous avons la chance inouïe de ne pas avoir connu de guerre depuis plus de soixante ans, ce qui est un fait unique dans l’histoire moderne. Quel est notre grand dessein ? Qu’est-ce qui nous rassemble, qu’est-ce qui nous dépasse, nous transcende, quelle est la cause pour laquelle nous avons envie de nous battre ?

 

Je rêve que la conscience écologique devienne le dessein non pas national, ni même européen, mais mondial. Ne mérite-t-elle pas tous nos efforts, y a-t-il seulement une cause plus importante ?

 

Que de rêves, me direz-vous…

Dans l’actualité, je trouve motifs à penser qu’ils sont de plus en plus partagés. Quelques exemples.

La France et l’Europe sont particulièrement présentes sur le terrain de l’environnement, même s’il serait toujours souhaitable d’en faire plus. Les ventes des véhicules les moins polluants se portent mieux que les autres, de même que les énergies renouvelables prennent réellement place dans le paysage.

Les premières décisions prises par Barack Obama sont en ligne avec ses engagements, notamment en matière écologique.

Mais surtout, j’ai l’impression d’assister (enfin) à la naissance d’une véritable conscience mondiale, grâce aux outils de communication. La mondialisation et Internet n’ont pas que du positif, mais je me réjouis de l’émergence, grâce à eux, de ce qui sera peut-être un élément clé de la politique dans les décennies à venir : la prise en compte de l’opinion des citoyens du monde, et pas seulement du bulletin de vote national.

 

Utopique pensez-vous peut-être… Optimiste en tout cas, mais quel en est le risque ?

Un optimisme qui pour moi, ne se définit pas comme une sotte béatitude devant une situation négative ou triste, mais par la conscience que nous pouvons et que nous devons, ensemble, créer un monde meilleur, et que c’est possible. Un optimisme militant, de « responsabilité ». 

 

Y a-t-il là une « cohérence inédite par laquelle le cours des choses se renouvelle », comme le dit la pensée chinoise ? Je l’espère et si tel est le cas, je prie pour que la « crise » aille jusqu’au point nécessaire à la prise de vraies décisions de changement, plutôt que la pose d’emplâtres sur une jambe de bois pour changer un peu mais surtout pas trop, avec les mêmes préceptes qu’avant.

 

 « Quelle vie avons-nous envie d’avoir ? », « Qu’est-ce qui est vraiment important ? », « Qu’est-ce qui améliore notre bonheur ? » me semblent être les questions que nous devrions nous poser en cette période où le monde craque écologiquement et économiquement, mais où nous savons qu’un virage est encore possible.

 

Quel objectif ambitieux et motivant : réinventer ensemble un monde tel que nous le rêvons, en tirant les leçons du passé et en portant à l’excellence ce qui va bien. Un monde plus beau, plus juste, plus humain, plus durable qu’il ne l’est aujourd’hui.

Ce ne sera pas facile ? Certes. Mais Sénèque disait : « ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ».

 

Alors osons !

Et si dans un « pied de nez » à « la crise » et aux médias colporteurs d’anxiété, nous commencions tout de suite, concrètement, à apprécier chaque petit moment de bonheur que la vie nous offre au quotidien, et à avoir foi en l’avenir ?

 

« Ce que la chenille ressent comme la fin de son monde, l’homme l’appelle… »

 

Ce thème « optimisme et conscience écologique » est abordé dans mon livre « Et si j’y croyais ? » et dans les conférences que j’anime sur le thème « la psychologie positive, un moyen d’obtenir de la vie ce qu’on en attend… rêve ou réalité ? »

 

Ma lettre de mars abordera justement le thème de la Psychologie Positive.

 

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Commentaires : 9
  • #1

    Fabien Rodhain (vendredi, 13 février 2009 18:59)

    Barbara, je suis bien sûr d'accord avec votre vision. Comme je l'ai dit dans ma précédente lettre, j'ai une totale compassion pour les personnes qui souffrent mais le fait justement qu'elles souffrent sous prétexte que le modèle économique ne supporte pas une seule année sans croissance, me conforte dans l'idée que ledit modèle n'est pas viable ! Et je ne parle même pas ici de l'impact sur la planète, sauf si on feint de l'ignorer...
    Je pense simplement que nous devons avancer vers autre chose, je n'ai malheureusement pas la solution et à mon avis, celui qui la présentera méritera bien le prix Nobel d'économie... et de la paix !
    En revanche, je suis persuadé que la psychologie positive (et bien d'autres approches) est autant une aide au niveau collectif qu'individuel... Pas pour trouver une réponse aux problèmes économiques (quoique...) mais au moins pour se sentir mieux dans sa vie, ce qui n'est déjà pas mal ?

  • #2

    Patrick Le Tallec (vendredi, 13 février 2009 20:53)

    Pour ma part je crois aussi que le psychologie positive est tout aussi efficace individuellement que collectivement; toutefois présenter les choses ainsi laisse supposer qu'il y aurait deux obtions ou que ce soit deux stratégies différentes, ce que je ne crois pas. Dès lors que suffisamment d'individus auront opéré une exploration de fond et ainsi se seront rapproché de ce qu'ils sont authentiquement, l'impact sur le collectif sera effectif. Le risque dans cette terminologie (psychologie positive) c'est de laisser entendre qu'il y a du bon et du mauvais, du positif et du négatif et continuer ainsi a perpetrer une idée dualiste, alors que votre propos est de rassembler, d'unir. La Dualité est le propre même de la vie, les deux pôles qui la constituent ne sont pas antagoniste mais font le miracle d'une seule chose.... Etre positif ou négatif ne sont que des mots mais leur "frottement" jusqu'à un certain plan n'entraine que la guerre. C'est seulement à partir de notre Centre que nous pouvons les unir sans risque.
    Le langage ou la science de l'âme n'a que faire de ce verbe là. Soyons de plus en plus nombreux à incarner l'unité et l'énergie où la force de l'Un pourra enfin nous pénétrer individuellement puis collectivement. Acceptons aussi que tous nous n'avancions pas au même rythme et que certains, nombreux encore, ne puissent embarquer dans le train de cet entendement là.

  • #3

    Marie Poppins (samedi, 14 février 2009 23:35)

    Le livre que je viens de lire est totalement en phase avec les propos que je viens de découvrir ici ! Je conseillerais de le lire aussi à tous les pessimistes, à tous les résignés face à la crise mais aussi à tous les acteurs ou les simples rêveurs pour un monde meilleur... Peut-être beaucoup d'entre vous qui lirez mes lignes, l'avez-vous déjà lu ? il s'agit du livre de Barbara HAND CLOW, "le Code Maya, 2012, La Fin d'Un Monde" contrairement à ce qui a été dit depuis la sortie du livre en 2004, le livre ne parle, ni n'annonce la fin du monde ou une quelconque Apocalypse, bien au contraire ! ... il est porteur d'un immense espoir pour l'humanité, pour la planète ... Barbara HAND CLOW n'est pas une gourou illuminée d'une secte quelconque, elle s'est appuyées sur les recherches et les publications souvent inédites parce que censurées (pourquoi ?) d'éminents scientifiques, physiciens quantioques, astronomes, cosmologues, archéo-anthropologues, historiens, théologiens, gnostiques, écrivains ayant decrypté des textes religieux apocryphes ... je vous l'assure, dans ce livre, on est loin de la poudre de perlinpinpin ou de l'astrologie de pacotille et de bazars .... un conseil d'amie, lisez ce livre ... vous verrez qu'il y est exprimé ce que des millions de gens sur la planète ressentent déjà depuis bien longtemps, que cela soit consciemment ou inconsciemment. Ce livre n'a pas eu beaucoup de publicité à sa parution et au fur et à mesure de la lecture, on comprend pourquoi ! Tous ceux qui depuis de nombreuses années ont mis sous clés dans leurs bastion les richesses mondiales n'ont aucun intérêt à ce qu'un grand nombre de citoyens de cette planète accèdent à cette connaissance, à cette révélation qui pourrait leur redonner l'espoir et agir pour aller vers un monde meilleur ... pourtant, nous y allons bien et il semble bien que cela soit inéluctable, Madame HAND CLOW et ses éminents collaborateurs nous le prouvent par a + b ....

  • #4

    Franck (mardi, 17 février 2009 14:45)

    A mon avis, il est utopiste de penser que le monde changera en premier et chacun ensuite (peut être!). Le changement du monde se ferra avec ou sans nous et ce que nous pouvons faire au mieux c'est l'acompagner par notre propre évolution personnelle. Toutefois, devancer ce changement par notre changement individuel actif, c'est à dire sans attendre que la Vie nous pousse durement à le faire, determinera surement la qualité du monde de demain et de celle de notre vie au niveau individuelle. Je précise pour ceux qui en doute, que changer à un niveau profond et individuel met en place de manière naturelle des changement dans la structure même de notre vie sociale et affective. Et bien que ces changements soient différents pour chacun, ils conduisent toujours (s'ils sont poursuivis jusqu'au bout...) vers une vie meilleure à tous les niveaux (interieurs, exterieur, sentimentale, financière...). Bien que nous ne nous connaissons pas je me considère comme faisant partie de "la preuve vivante" de ces faits. Et il y en a beaucoup d'autres. Si chacun oeuvre pour son propre bien être, il entraîne automatiquement dans son sillage d'autres personnes, contribuant ainsi au bonheur de tous. S'occuper de soi même et améliorer sa vie c'est devenir un exemple silencieux "des possibles" du changement, avec l'espoir d'entraîner dans notre sillage les témoins bruyants qui un jour comprendrons l'importance de l'Evolution humaine individuelle ( et qui, par extension, va dans le sens de l'Evolution humaine collective. CQFD.)
    Le changement est toujours présent, ce qui nous fait mal c'est de rester figé. Imaginez un parisien qui décide de mettre un T-Shirt en été et de ne plus jamais se changer... Vous étonnerez vous qu'il attrappe le rhume en hiver ? Si chaque être humain prenait le temps de regarder en lui pour changer ce qui ne va pas lorsque la vie lui "envoie" un coup dur, sa vie et celle du monde entier changerait à une vitesse vertigineuse. Peut être est ce cela le nouveau paradigme social et humain de demain. Chercher à améliorer notre vie par la recherche de l'amélioration de nos êtres devrait être un travail à temps plein. Le Bonheur et la paix en serait le salaire pour nous comme pour nos enfants.

  • #5

    Martinez (Garcia) Brigitte (mardi, 17 mars 2009 15:24)

    Je découvre ton site, ta vie , tes rêves ou plutôt tes belles
    ambitions, et je trouve tes pensées particulièrement porteuses
    d'espoir et d'envie, l'envie de se reveiller pour exister,
    pour sortir de shémas habituels, pensés par d'autres (qui
    défendent leurs interêts personnels)pour nous.....
    Bravo à toi pour ce courage, cette force et ton humilité.
    Prochaine étape pour moi : lire ton livre ou plutôt ton oeuvre
    A très bientôt.....

  • #6

    Fabien RODHAIN (mercredi, 18 mars 2009 10:10)

    Merci Brigitte, c'est ce genre de retour qui nourrit mon côté "militant de la plume", me fait penser que ce combat pacifique a du sens, qu'il répond à une attente...

  • #7

    Thomas (vendredi, 22 mai 2009 11:36)

    Merci Fabien !!!!!! Quelle perspicacité ! Mon rêve le plus cher serait que la presse publie votre pensée !! A quoi cela nous avance-t-il de perdre 1% ? Concentrer nos pensées, notre énergie dans un bel avenir nous permettrait de le réaliser ! Ne laissons pas notre énergie se consacrer aux malheurs de la presse !! Merci !

    Bien amicalement. Thomas (Suisse)

  • #8

    Emelina Willmore (mardi, 24 janvier 2017 08:51)


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  • #9

    Randa Heppner (mardi, 24 janvier 2017 10:30)


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