Ecoutez d'où mon espoir vient...

Permettez-moi de paraphraser la dernière chanson d’Alain Souchon (*) pour vous adresser mes vœux pour cette nouvelle année, et coucher sur « papier virtuel » mes sources d’espoir en l’avenir.

 

Mais quelle est donc cette idée folle : chercher du positif dans la période si troublée que traverse le monde ? Cet homme ne suit-t-il pas les actualités ? Ne sait-il pas que les Etats-Unis sont entrés en récession, de même que de nombreux pays européens ? N’est-il donc pas concerné ?

 

Si bien sûr, je suis concerné.

Je suis à mon compte depuis un peu plus de 4 ans à temps partiel, 2 ans à temps complet. Quand on a été salarié pendant presque 20 ans, il n’est pas évident d’accepter de vivre avec la dose d’incertitude qu’implique cette situation : celle d’avoir (au mieux) 6 mois d’horizon de production (et donc de revenus) devant soi, pour dans mon cas faire vivre une famille avec 5 enfants et la maison qui va avec…

Or, lorsque la situation économique devient préoccupante comme c’est le cas actuellement, les prestataires représentent le premier fusible pour les sociétés. Et parmi les prestataires, il est fréquent que les formateurs, consultants, coachs etc… soient les premiers à trinquer, parce qu’ils ne rentrent pas directement dans le processus de production des entreprises. Les gains qu’ils apportent sont difficilement quantifiables. J’ai même récemment entendu parler d’un acheteur d’un grand groupe, qui a négocié pour remettre en cause et finalement annuler une commande de prestation déjà signée et sur le point de débuter !

 

Tout va mal, donc. Les médias, économistes, prévisionnistes nous le répètent à longueur de journée depuis fin 2008 : 2009 verra certainement la pire crise que le monde moderne ait jamais traversé, sans doute plus grave encore que celle de 1929, c’est dire ! Profitez bien des fêtes de fin d’année braves gens, ensuite le retour sur terre sera douloureux !

Et 2009 ça y est, nous y sommes !

 

Pourtant, depuis des mois je vois quelques signes d’encouragement, et je voudrais insister sur le premier d’entre eux.

Il m’a frappé au tout début de cette fameuse crise financière (ou plutôt de sa médiatisation grand public), en septembre je crois. Depuis des mois et jusqu’à quelques jours avant cette annonce, le fameux indice de « moral des ménages » français était au plus bas et surtout, suivait une pente descendante continue. Le sujet préféré des médias était l’inflation.

La crise explose, donc, dans la presse, la télé, la radio, sur Internet, qui n’ont plus que ce sujet à la bouche. Et surprise au bout de quelques jours : le fameux « moral des ménages » fait un bond… vers le haut !

 

Avez-vous une explication ? Personnellement je n’en ai entendu aucune, les médias étant toujours plus prompts à commenter le négatif que le positif.

J’ai donc imaginé à cela une raison, que je vous livre ici.

 

Je crois que pour la plupart d’entre nous, le contact avec le risque, avec la peur, a remis les véritables valeurs au centre. Cela nous a fait apprécier, à juste titre, ce que nous avons.

 

Il est bien évident que j’omets de ce raisonnement les personnes se trouvant dans des situations réellement précaires. Pour les autres, c’est-à-dire la majorité des Français et des Européens, la richesse s’est réellement améliorée entre 1975 et 2000, de manière importante. Au profit de quoi ? Malheureusement en premier lieu, de la possession, donc de l’envie de posséder et des frustrations qui l’accompagnent.

 

Il y a un peu plus d’un an, j’ai entendu l’interview surréaliste d’un consommateur au sujet de la fameuse inflation, que je vous propose d’apprécier à sa juste valeur :

-         Journaliste : « de votre côté, sentez-vous les effets de l’inflation ? »

-         Consommateur : « bien sûr ! »

-         Journaliste : « De quelle manière ? »

-         Consommateur : « Je vais m’acheter un téléviseur plasma 120 cm. Il y a un an il m’aurait coûté 2000 euros, aujourd’hui avec une inflation de 3 %, il me coûtera 60 euros de plus. Je trouve cela scandaleux ! »

 

 

Parallèlement à cette augmentation de la richesse et à l’explosion de la consommation, la proportion d’individus heureux ne s’est absolument pas améliorée dans cette période 1975 – 2000 (**)

La raison en est aujourd’hui connue : il n’y aucun rapport entre la richesse et le bonheur ou plus simplement le bien-être, pour peu qu’on omette de ce raisonnement, je le répète, les personnes se trouvant dans des situations de précarité, et pour qui plus de richesse produirait certainement plus de bien-être !

 

Là, j’ai carrément envie de citer Alain Souchon : « … on nous propose d’avoir des quantités de choses qui donnent envie d’autre chose, on nous fait croire que le bonheur c’est d’avoir, d’en avoir plein nos armoires…»

 

Entre parenthèses, en ce qui concerne les « quantités de choses », je ne sais pas pour vous, mais pour ma part lorsque je vois le taux de remplissage actuel des parkings de magasins, lorsque j’entends un patron de supermarché me dire qu’il établit un record de vente depuis le début de l’année, je me dis que la consommation continue à se porter à peu près correctement, alleluia !

 

Mais revenons à cette période d’annonce de « la crise », septembre 2008.

Ma théorie est donc qu’un certain nombre de personnes a alors objectivé sa situation réelle, remis au centre les choses réellement importantes. Face aux menaces de l’avenir, que devient subitement le degré d’importance du grand écran plat ou du deuxième projet de départ en vacances dans l’année ?

 

Sans doute est-il plus aisé d’apprécier la partie à moitié pleine du verre… quand on risque d’en perdre tout le contenu !

Un peu facile, le catastrophisme : il suffirait donc d’observer ceux qui vont moins bien ou de craindre de perdre ce qu’on a, pour l’apprécier ?  

Ce n’est pas tout à fait ce que je pense mais oui, je crois que la peur de perdre aide à apprécier plutôt que de convoiter, c’est humain.

 

Pour conclure, imaginons que nous demandions à toute personne sur son lit de mort, dans ses derniers instants, « quel est le plus grand regret de votre vie ? », combien d’après vous répondraient « je n’ai pas possédé assez de biens », ou « je n’ai pas assez consommé » ou bien même « je n’ai pas gagné assez d’argent » ?

A mon avis, très peu.

Par contre, « je n’ai pas su apprécier vraiment ce que j’avais », « je n’ai pas assez aidé les autres », « je n’ai pas su dire à ceux que j’aimais, que je les aimais »… Seraient certainement des regrets plus fréquemment exprimés.

 

Qu’un maximum de monde prenne conscience que c’est le « mieux » et non le « plus » qui participe à notre bien-être, que pour cette raison nos sociétés d’homo consomus tournent à l’envers, et qu’ensemble nous ayons envie d’inverser la tendance, est un des vœux que je formule globalement pour 2009.

Et personnellement je vous souhaite de profiter pleinement, au présent, des mille petits instants de bonheur qui se présenteront à vous et d’obtenir cette année… ce qui est important pour vous, ce qui vous tient réellement à CŒUR !

 

 

(*) Ecoutez d’où ma peine vient…

 

(**) Source : INSEE, 2008

 

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